La première conférence de presse d’avant-épreuve de la saison 2026 de l’European Le Mans Series s’est tenue vendredi soir, avec la participation de six pilotes issus de l’ELMS, de la Michelin Le Mans Cup, de la Porsche Carrera Cup France et de la Ligier European Series, qui ont répondu aux questions.
La conférence de presse a débuté par un mot de bienvenue adressé aux médias par la directrice de l’événement ELMS, Gaëlle Chouteau, avant de céder la parole à l’attaché de presse ELMS, Jeff Carter, pour conduire les échanges.
Les six pilotes présents étaient Louis Delétraz (AO by TF – ELMS), Doriane Pin (Duqueine Team – ELMS), Fran Rueda (Kessel Racing – ELMS), David Droux (CLX Motorsport – MLMC), Macéo Capietto (Porsche Carrera Cup France) et Tomas Pompidou (Ligier European Series).
Q : Quadruple champion ELMS, champion LMP2 FIA WEC, vainqueur LMP2 Pro/Am des 24 Heures du Mans et champion en titre LMP2 en ALMS. Peut-être devrait-on commencer à vous appeler Monsieur LMP2 ! Quel est le secret de votre réussite dans cette catégorie ?
« Merci, ça sonne bien comme ça ! Nous avons connu beaucoup de succès ces dernières années. J’ai la chance d’évoluer dans de bonnes équipes avec d’excellents coéquipiers. J’adore le LMP2, j’ai toujours dit qu’à côté de mes engagements en Hypercar, je voulais continuer à courir en LMP2. Je pense que ça me permet de rester affûté et, au final, plus je suis dans la voiture, plus je suis heureux et plus je suis rapide. Le succès vient de la régularité et du fait d’être entouré de coéquipiers formidables. »
Q : Vous revenez défendre votre titre LMP2 Pro/Am avec PJ et Dane chez AO by TF. En regardant la grille 2026, quel est votre ressenti sur le défi de cette année ? Le fait de conserver les mêmes coéquipiers est-il un avantage ?
« Bien sûr, ça aide énormément d’être dans la même équipe avec les mêmes coéquipiers. Nous avons eu une course difficile ici à Barcelone l’an dernier, avec un problème technique en course. Mais cette année, nous étions déjà plus rapides dès notre retour ici la semaine dernière, lundi et mardi. Nous avons de l’expérience et nous nous connaissons très bien. Donc oui, c’est un gros atout. »
Q : Vous avez remporté les 4 Heures de Barcelone à trois reprises, dont la victoire en 2023 avec Racing Team Turkey — la première fois qu’une LMP2 Pro/Am gagnait une course ELMS au général. Qu’est-ce qui rend le Circuit de Barcelona-Catalunya spécial pour vous en tant que pilote ?
« Ce qui est vraiment particulier ici, c’est la dégradation des pneus. Ce n’est clairement pas un circuit où l’on peut attaquer à chaque tour. Il y a des écarts de cinq à six secondes entre les temps des qualifications et ceux en course. Notre approche a toujours été de privilégier une voiture très stable de l’arrière. Disons que nous savons que sur un double relais, nous serons rapides, donc nous ne nous concentrons pas sur la performance en qualifications — et cela s’est avéré plutôt efficace ici. C’est une course difficile : on ne la gagne pas au départ, on la gagne sur la durée. Et c’est exactement ce sur quoi nous avons de nouveau travaillé cette semaine. »
Q : Bon retour en ELMS. Votre première saison remonte à 2022 en LMGTE, avec le programme Iron Dames lors des trois dernières courses, conclue par cette victoire historique au Portugal avec un équipage 100 % féminin. Que représente ce retour pour vous ?
« Ça représente énormément pour moi, car mon dernier souvenir en ELMS est évidemment cette victoire en 2022 avec les Iron Dames. Cette victoire m’a ouvert beaucoup de portes. Ensuite, je suis passée en LMP2 l’année suivante. Aujourd’hui, je reviens en ELMS avec une équipe totalement nouvelle et de grandes ambitions. J’ai le sentiment d’avoir beaucoup progressé et accumulé de l’expérience ces dernières années, que ce soit en monoplace ou en endurance. »
Q : Toutes nos félicitations pour votre titre en F1 Academy 2025. Comment avez-vous réussi à maintenir un tel niveau de performance dans un environnement aussi exigeant et sous forte pression ?
« C’est clairement un championnat très exigeant, et courir aux côtés de la Formule 1 ajoute forcément de la pression. Mais comme Louis l’a dit, la régularité est essentielle. Il faut aussi savoir se concentrer sur soi-même et contrôler ce que l’on peut contrôler. C’est quelque chose que j’ai toujours fait dans ma carrière : rester focalisée sur moi-même, travailler étroitement avec l’équipe et passer du temps ensemble pour construire une bonne relation et atteindre les objectifs que l’on se fixe. »
Q : Cela fait quatre ans que vous n’avez plus couru en ELMS. En regardant le paddock aujourd’hui, en quoi le championnat a-t-il changé et comment abordez-vous ce défi en LMP2 Pro/Am avec le Duqueine Team ?
« L’ELMS est encore plus compétitif aujourd’hui. En LMP2, on se retrouve uniquement face aux meilleurs pilotes, certains venant du Hypercar ou étant déjà très expérimentés dans la catégorie. Il est essentiel de bien connaître la voiture, mais aussi de bien s’intégrer dans l’équipe. Nous avons encore beaucoup de travail à accomplir pour construire une équipe solide. Nous pouvons nous comparer aux meilleures structures, ce qui nous permet d’identifier nos axes d’amélioration, tout en restant concentrés sur la course. »
Q : Vous êtes de retour pour une nouvelle saison avec Kessel Racing dans la Ferrari 296 LMGT3 EVO n°74, aux côtés de votre coéquipier 2025 Andrew Gilbert et de Romain Leroux. Que pensez-vous du défi à venir face à un plateau LMGT3 particulièrement relevé avec 14 voitures cette année ?
« Le plateau LMGT3 devient de plus en plus compétitif chaque année. Le défi est donc toujours énorme — il l’était déjà l’an dernier. Nous abordons cette saison avec le même état d’esprit : rester humbles. Nous savons que pour gagner une course en LMGT3, il ne faut faire aucune erreur. Il ne faut pas non plus perdre trop de temps face aux LMP2, qui sont parfois très optimistes — surtout ici à Barcelone, où ce n’est pas facile à gérer en GT3. Comme Louis l’a mentionné, il y a aussi beaucoup de dégradation des pneus, donc la voiture bouge beaucoup en début de relais.
Le point positif, c’est que nous ne sommes plus des rookies. Nous avons beaucoup appris la saison dernière, donc j’espère que nous pourrons obtenir de meilleurs résultats cette année. »
Q : Ce doit être une sensation particulière de lancer votre saison 2026 à domicile ici à Barcelone. Comment vous sentez-vous à l’idée de courir à la maison ce week-end ? Le public peut-il vous donner un coup de boost ?
« Je pense que tout le monde sait que les fans espagnols sont très chaleureux. C’est l’un des événements les plus populaires du circuit, probablement le troisième plus important du calendrier. Il y a donc beaucoup de monde. Chaque année, les gens connaissent un peu mieux mon nom, donc j’essaie d’offrir un beau spectacle le dimanche. »
Q : Ce circuit convient-il à la Ferrari 296 ?
« La Ferrari est une très bonne voiture, bien sûr. Je pense qu’elle est assez complète. Mais je dis toujours la même chose : jusqu’à dimanche, on ne sait jamais vraiment où l’on se situe. Il faudra attendre pour voir. »
Q : Vainqueur de course et champion 2024, vous aviez déjà bien lancé votre saison 2025 ici à Barcelone avec une victoire pour CLX Motorsport. Que pensez-vous de ce circuit de Barcelona-Catalunya ?
« Je trouve que c’est un très beau circuit. On est toujours contents de commencer la saison ici. Le point le plus difficile, c’est clairement la dégradation des pneus. Il faut donc adapter les réglages pour ne pas être trop agressifs, contrairement à ce que l’on peut faire en qualifications. Oui, le principal enjeu ici reste vraiment la dégradation. »
Q : Vous évoluez avec CLX Motorsport et votre coéquipier Cédric Oltramare. Le fait de conserver la même équipe est-il un avantage pour préparer la saison ?
« Quand on ne change pas de line-up, on est forcément mieux préparés. On s’entend très bien avec Cédric, et c’est agréable de rester dans le même environnement avec les mêmes personnes. On ne peut que progresser en travaillant plusieurs années avec les mêmes gens. »
Q : CLX Motorsport affiche un palmarès impressionnant en LMP3. Quel est le secret de cette réussite ?
« Il n’y a pas vraiment de secret. L’équipe travaille très dur dans toutes les catégories. Comme je le disais, le fait de garder les mêmes personnes aide énormément à construire quelque chose de solide. Et puis on bénéficie aussi de la vision de Nicolas Lapierre, qui a beaucoup d’expérience et qui apporte à l’équipe des éléments de son parcours. Cela aide beaucoup. »
Q : Vous connaissez déjà bien le paddock ELMS, avec une victoire en 2024 avec Iron Lynx-Proton. Vous êtes désormais de retour en GT en tant que Porsche Junior Driver en Porsche Carrera Cup France. Avec des voitures identiques sur la grille, tout repose sur le talent du pilote. Comment vous préparez-vous pour la saison à venir ?
« La préparation a été assez simple, dans le sens où je fais la même chose que ces dernières années : beaucoup de sport, pas énormément de roulage malheureusement, et essayer d’apprendre le plus possible, le plus rapidement possible. En tant que rookie en GT face à un plateau très relevé, avec des pilotes qui ont déjà plusieurs saisons d’expérience, j’ai encore pas mal de chemin à parcourir.
J’essaie d’y arriver le plus vite possible et de me concentrer sur le fait d’impressionner en tant que Porsche Junior, et d’être une sorte de modèle pour devenir un pilote solide à l’avenir. »
Q : La Porsche Carrera Cup France introduit l’ABS sur les Porsche 911 Cup cette saison, à l’image de la Porsche Mobil 1 Supercup. Quel impact cela va-t-il avoir pour vous en tant que pilote ?
« Disons que c’est une petite révolution pour moi. Je n’avais jamais piloté de voiture avec ABS auparavant, donc tout change un peu. Avant, je roulais dans des voitures très rapides avec beaucoup d’appui aérodynamique, et maintenant je suis dans une voiture plus lente avec ABS. Elle est aussi plus lourde, donc il y a beaucoup à apprendre, comme je le disais. Mais l’ABS est clairement un bon outil avec lequel travailler. »
Q : Que pensez-vous des courses de Porsche Carrera Cup sur le Circuit de Barcelona-Catalunya ? Est-il facile ou difficile d’y dépasser ?
« Tout le monde en parle, mais le point clé ici, c’est la dégradation des pneus. Je ne l’avais jamais vraiment expérimentée auparavant, mais je dirais que c’est encore pire que ce que j’ai ressenti en LMP2, notamment parce que la dégradation vient des pneus arrière, avec tout le poids à l’arrière. C’est extrêmement difficile à gérer, surtout sur une course aussi courte. Il faut donc attaquer dès le départ si on veut conserver sa position. Ça va être une course très difficile. »
Q : Bienvenue et félicitations pour votre place sur la grille obtenue en tant que champion Junior de la Ligier JS Cup France. À quel point la saison dernière a-t-elle été importante pour faire vos premiers pas en endurance ?
« Bonjour à tous, merci de m’accueillir. Je savais que l’année dernière était cruciale pour moi. Ce titre et la dotation étaient indispensables. Je ne viens pas d’un parcours classique — je n’ai pas fait de karting — donc je savais que c’était peut-être ma seule chance d’être ici cette saison. Je suis donc très fier d’être là. J’ai l’impression d’être maintenant avec les grands, et c’est génial. Et je pense que ce programme jeunes pilotes est une opportunité vraiment incroyable. »
Q : Vous courez avec Trajectus Motorsport, une équipe dirigée par le vainqueur des 24 Heures du Mans Benoît Tréluyer. Quel rôle joue l’équipe dans votre progression à ce niveau en Ligier European Series ?
« Je suis vraiment très heureux d’être avec Trajectus. Avoir Benoît comme team manager est un énorme avantage. Je peux lui poser presque toutes les questions, et il peut m’aider. Avec Vincent, mon coéquipier, nous avons une très bonne relation en dehors de la voiture comme en piste. Il m’apporte son expérience, son rythme, sa vitesse. Je suis vraiment très reconnaissant d’être ici avec Trajectus Motorsport. »
Q : Votre père Xavier a lui aussi connu du succès en Le Mans Series ici en Espagne, avec une deuxième place en LMP2 lors des 1000 km de Barcelone en 2008. Même si le circuit a évolué depuis, que ressentez-vous à l’idée de courir sur la même piste où votre père est monté sur le podium ?
« C’était un rêve d’enfant d’être ici, dans les traces de mon père. C’est vraiment spécial. Mais au final, je dois rester concentré sur la course et ne pas trop y penser, pour ne pas me mettre de pression supplémentaire. Mais oui, c’est quelque chose de spécial. »
Le week-end des 4 Heures de Barcelone débute le vendredi 10 avril avec la première séance d’essais libres (Free Practice 1) et le Bronze Driver Collective Test de 30 minutes.
Le samedi 11 avril sera consacré à la deuxième séance d’essais libres de 90 minutes, suivie des qualifications des 4 Heures de Barcelone. La course des 4 Heures de Barcelone aura lieu le dimanche 12 avril, avec un départ prévu à 12h00 et l’arrivée au drapeau à damier quatre heures plus tard, à 16h00.
Les billets sont encore disponibles à partir de seulement 8 €. CLIQUEZ ICI pour accéder à la page de l’événement sur le site officiel du Circuit de Barcelona-Catalunya.
CLIQUEZ ICI pour consulter les horaires des 4 Heures de Barcelone.
Véritable tremplin pour les équipes et les pilotes qui visent les 24 Heures du Mans, l'European Le Mans Series est diffusée gratuitement et en direct sur FIAWEC+, la plateforme officielle dédiée à l'ELMS, avec des retransmissions intégrales des courses, des rediffusions et les temps forts tout au long de la saison.
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