La prochaine course arrive

Course - Fri, 15 Apr 2022 00:00:00 +0200

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2021 . 11 . 17

Retour en piste pour Christian England

Après son accident lors de la manche finale de la saison European Le Mans Series 2019, Christian England n'a pas repris le volant afin de se concentrer sur son rétablissement.

Son retour à bord d'une LMP3 s'est donc déroulé lors d'une séance de test à Portimão avec United Autosports, à l'issue de la saison 2021. Nous avons rencontré Christian afin de connaitre son ressenti à la suite de ce premier roulage.

Christian, pouvez-vous nous rappeler votre histoire et ce qui s’est passé en 2019 ?

Lors de la finale de la saison 2019 à Portimão, je me suis élancé depuis la septième position et j’ai vraiment pris un bon départ. En entrant dans le virage 4 dans le premier tour, j’étais déjà aux alentours de la quatrième ou de la cinquième place et collé dans le sillage de la LMP3 d’Ultimate. J’ai réussi à avoir une bonne entrée dans le virage 4 et j’ai déboîté derrière la voiture d’Ultimate afin d’être à l’intérieur pour la descente de l’épingle du virage 5. Dès que j’ai eu une bonne visibilité vers l’avant, j’ai vu une LMP2 juste devant moi. C’est un de ces moments où on comprend en une fraction de seconde qu’il n’y a absolument rien à faire et que ça va mal finir. Je pense que j’ai juste réussi à monter sur les freins, mais ça n’a rien donné. Je crois que j’ai heurté l’arrière de la LMP2 de Jack Manchester, ça a été un énorme impact qui m’a immédiatement arrêté. J’ai senti que j’avais le souffle coupé et à un moment, j’ai essayé de voir si tout allait bien et ce qui faisait mal ! En fait, je ne ressentais aucune douleur, mais j’ai eu une drôle de sensation dans la jambe et dans le pied, comme des aiguilles. J’ai regardé mes jambes et là, j’ai compris que c’était très sérieux. Je regardais au niveau de la semelle de ma bottine plutôt que vers le haut de son laçage. Sous l’impact, l’arrière droit de la LMP2 était rentré dans la partie avant droite de l’habitacle et avait emporté ma jambe droite et ma cheville. Je suis resté conscient tout au long de l’accident et je me souviens parfaitement avoir ouvert la portière, ainsi que d’avoir essayé de respirer profondément et de ne pas paniquer. La panique a commencé à arriver à la fois à la vue de l’endroit où se trouvait mon pied et du sang, j’en étais arrivé à la conclusion que j’avais perdu mon pied. J’ai replacé mon pied à l’endroit où il devait être parce que je ne voulais pas le perdre quand on allait m’extraire de la voiture, et je n’ai absolument rien senti. Je ne voulais pas non plus perdre les bottines que je portais car c’était une paire de celles que Fernando Alonso portait quand il avait couru les 24 Heures de Daytona avec l’équipe ! Par la suite, l’hôpital m’a informé que je n’avais pas perdu ma jambe, mais que je n’avais rien senti probablement à cause des dégâts au niveau des terminaisons nerveuses. Je suis allé en deux semaines dans deux hôpitaux différents au Portugal pour des interventions chirurgicales, et je dois dire qu’ils ont fait un superbe travail pour remettre en place ma jambe, mon pied et ma cheville ! Je voudrais remercier tous ceux qui m’ont apporté leur aide ce jour-là : les gens du circuit, l’équipe médicale de l’hôpital, tous ceux qui m’ont aidé dans ma guérison… Vous savez qui vous êtes !

Le 25 octobre dernier vous avez repris le volant d'une LMP3 au Portugal pour la première fois depuis 2019 et votre accident à Portimão, quelles ont été vos impressions ?

Reprendre la piste après une interruption aussi longue était vraiment spécial pour moi. Que cela se passe à Portimão, c’était le meilleur moyen pour chasser les démons et mettre un terme à ce moment difficile de ma vie. Je suis un très grand fan de Portimão, j’ai maintenant une sorte de relation amour/haine avec ce circuit ! Le fait de remonter dans la voiture m’a fait réaliser à quel point elles sont rapides. Je pense qu’on prend cet état de fait pour acquis quand on les conduit souvent, mais comme je n’en avais pas pris le volant depuis deux ans, ce fut un peu un grand choc lors des premiers tours. Mais comme on dit, c’est comme rouler à vélo, ça ne s’oublie pas et ces deux jours dans la voiture se sont parfaitement déroulés. J’ai l’impression de n’avoir jamais arrêté, même si mon cou est un peu douloureux !

Aviez-vous des inquiétudes avant de monter dans la voiture ?

Je mentirais si je disais que je n’étais pas un peu nerveux avant de me réinstaller au volant. En tant que pilote, on n’a pas peur et on ne devrait pas avoir peur de piloter, mais ce fut une blessure tellement compliquée et un tel chemin vers la guérison, que je ne pouvais pas m’empêcher de me demander si c’était la chose à faire et ce qui se passerait si j’étais à nouveau blessé à cette jambe. Au bout de quelques tours, cette impression a disparu et je pensais avant tout à la manière de gagner un dixième dans chaque virage pour tirer le maximum de la voiture.

Avez-vous déjà des projets pour 2022 ?

Au moment où nous parlons, je n’ai pas de plans arrêtés pour 2022. Pour ce qui me concerne, le but de ces deux jours de tests était de simplement d’en profiter, de prendre du plaisir avec la voiture, le circuit, et de mettre sous derrière moi toutes les pensées relatives à l’accident. Je suppose que l’issue de ce test aboutira ou non à un volant pour l’année prochaine, mais quoiqu’il arrive je voudrais adresser un énorme remerciement à Richard Dean et à tout le monde chez United Autosports pour m’avoir offert l’opportunité de piloter à nouveau ces fantastiques voitures, et pour le grand sourire sur mon visage !

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